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Pare-brise givré : ce que dit vraiment le code de la route et les gestes qui évitent la casse

Antoine Bernard

Rouler avec un pare-brise givré, même partiellement dégagé, est une infraction : le code de la route exige un champ de visibilité suffisant (article R316-1), sanctionné par une amende forfaitaire de 68 €. Et si les vitres ne respectent plus les conditions de transparence, la note peut grimper à 135 € avec un retrait de 3 points. À l’heure où les premières gelées blanches reviennent sur une partie du pays, voici ce que la loi prévoit réellement — et les gestes qui dégivrent sans fissurer le verre.

En bref
  • Pare-brise givré au volant = visibilité insuffisante : amende forfaitaire de 68 € (45 € minorée, 180 € majorée), sans retrait de points.
  • Vitres avant non conformes aux règles de transparence : contravention de 4e classe, 135 € et 3 points, immobilisation possible.
  • Laisser tourner le moteur à l’arrêt pour dégivrer est interdit par un arrêté du 12 novembre 1963, toujours en vigueur.
  • Jamais d’eau chaude sur le givre : le choc thermique peut fissurer, voire faire éclater le pare-brise.

Quelle amende pour un pare-brise givré ou mal dégagé ?

L’article R316-1 du code de la route impose que « le champ de visibilité du conducteur, vers l’avant, vers la droite et vers la gauche soit suffisant pour que celui-ci puisse conduire avec sûreté ». Un pare-brise couvert de givre, ou dégagé sur un simple « trou de souris » côté conducteur, ne remplit pas cette condition.

L’infraction relève de la contravention de 3e classe : d’après le barème officiel de l’ANTAI, cela correspond à une amende minorée de 45 €, forfaitaire de 68 € et majorée de 180 €. Pas de retrait de points à ce titre. Les vitres latérales avant et la lunette arrière doivent elles aussi être dégagées : la visibilité exigée porte sur l’avant et les deux côtés.

135 € et 3 points : d’où sort ce chiffre souvent cité ?

Beaucoup d’articles annoncent « 135 € et 3 points » pour un pare-brise givré. Ce montant existe, mais il repose sur un autre fondement : l’article R316-3 exige que le pare-brise et les vitres latérales avant gardent « une transparence suffisante », fixée à un facteur de transmission de la lumière d’au moins 70 %.

Circuler avec des vitres qui ne respectent plus ces conditions de transparence est puni, lui, d’une contravention de 4e classe (article R316-3-1) : 135 € d’amende forfaitaire, réduction de plein droit de 3 points du permis, et immobilisation du véhicule possible. C’est le texte utilisé contre les vitres surteintées, et il peut être opposé à un vitrage rendu opaque. En pratique, les deux fondements coexistent : le plus couramment cité pour le givre reste le défaut de visibilité à 68 €.

Dégivrer moteur tournant à l’arrêt : interdit depuis 1963

Mettre le contact, monter le chauffage et retourner finir son café pendant que la voiture « dégivre toute seule » : le réflexe est illégal. L’article 2 de l’arrêté du 12 novembre 1963 relatif aux fumées des véhicules prévoit que « les véhicules en stationnement doivent avoir leur moteur arrêté, sauf en cas de nécessité, notamment lors des mises en route à froid ».

Ce texte n’a rien d’une relique : le Gouvernement le citait encore mot pour mot dans une réponse publiée au Journal officiel le 10 décembre 2019, en rappelant que l’écoconduite fait désormais partie des épreuves du permis. La tolérance vaut pour la mise en route à froid, pas pour un moteur qui tourne de longues minutes devant un pavillon.

Plusieurs communes ont d’ailleurs pris leurs propres arrêtés contre les moteurs tournant à l’arrêt. Au-delà de la règle, laisser le moteur au ralenti est l’une des méthodes les plus lentes et les plus coûteuses pour dégivrer.

Les bons gestes pour dégivrer sans rien casser

Les recommandations des professionnels de l’entretien, dont TotalEnergies, convergent sur une méthode simple. On commence par la ventilation : dégivrage de la lunette arrière, chauffage en position air extérieur, ventilateurs orientés vers les vitres. Pendant que l’habitacle travaille, on traite l’extérieur.

Le duo efficace, c’est l’aérosol dégivrant pulvérisé à une vingtaine de centimètres du vitrage, puis la raclette passée par à-coups, sans oublier les zones hors du champ de vision direct. Un grattoir télescopique évite de s’étirer sur le capot. Les serrures gelées se traitent aussi au dégivrant — jamais à la flamme d’un briquet.

Méthode Verdict Pourquoi
Dégivrant en aérosol + raclette Recommandé Rapide, sans risque pour le verre ni les joints
Ventilation/chauffage vers les vitres Recommandé Dégivre de l’intérieur, complète le grattage
Eau chaude ou bouillante À proscrire Choc thermique : fissure, voire éclatement du pare-brise
Essuie-glaces sur vitre gelée À proscrire Inefficace, raclettes en caoutchouc endommagées
Moteur tournant à l’arrêt prolongé Interdit Arrêté du 12 novembre 1963, lent et coûteux en carburant

Pour aller plus loin sur l’outillage et les techniques, consultez notre comparatif des appareils à dégivrer le pare-brise et nos astuces pour dégivrer efficacement en hiver.

La veille au soir : trois réflexes qui changent le matin

Le givre se combat surtout en prévention. Si possible, on gare la voiture à l’abri. Sinon, une bâche antigivre — ou à défaut un simple carton — posée sur le pare-brise s’enlève le matin avec le givre dessus. Dernier réflexe : relever les essuie-glaces avant la nuit, pour éviter que le caoutchouc ne colle au verre et ne se déchire au premier passage.

Un point de vigilance pour les pare-brise déjà marqués : un impact existant supporte mal les écarts de température, et le passage brutal du gel au chauffage pleine puissance fragilise la zone. Faire réparer un impact avant l’hiver coûte toujours moins cher qu’un remplacement complet du vitrage.

Questions fréquentes

Peut-on laisser le moteur tourner le temps que le pare-brise dégivre ?
Non. L’arrêté du 12 novembre 1963 impose le moteur arrêté en stationnement, « sauf en cas de nécessité, notamment lors des mises en route à froid ». Un ralenti prolongé pour dégivrer ou chauffer l’habitacle n’entre pas dans cette tolérance, et certaines communes verbalisent spécifiquement cette pratique.
L’eau chaude est-elle vraiment dangereuse pour le pare-brise ?
Oui. Le choc thermique entre le verre gelé et l’eau chaude peut fissurer, voire faire éclater le pare-brise, surtout s’il porte déjà un impact. Les professionnels recommandent l’aérosol dégivrant et la raclette, jamais l’eau chaude ni les essuie-glaces sur vitre gelée.
Que risque-t-on à rouler avec un simple « trou de souris » dégagé ?
Le champ de visibilité exigé par l’article R316-1 porte sur l’avant, la droite et la gauche : un pare-brise dégagé seulement devant le conducteur reste verbalisable à 68 € (contravention de 3e classe). Si la transparence des vitres avant n’est plus assurée, l’article R316-3-1 permet de monter à 135 € et 3 points.

À retenir
  • Dégagez tout le vitrage avant de partir : 68 € en jeu pour la visibilité, jusqu’à 135 € et 3 points sur le terrain de la transparence des vitres.
  • Moteur arrêté en stationnement : la mise en route à froid est tolérée, pas le ralenti prolongé.
  • Dégivrant + raclette par à-coups ; jamais d’eau chaude ni d’essuie-glaces sur un pare-brise gelé.
  • Le soir : bâche ou carton sur le pare-brise, essuie-glaces relevés, impact réparé avant les grands froids.

Sources : code de la route, articles R316-1 à R316-4 (Légifrance) ; barème des amendes forfaitaires (ANTAI) ; réponse ministérielle, JO du 10 décembre 2019 (arrêté du 12 novembre 1963) ; conseils dégivrage TotalEnergies.

Antoine Bernard

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